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Le rêve

Pour les scientifiques du XIXe Siècle, le rêve est considéré comme une simple réaction physiologique provoquée par les sensations venues du corps et de l’environnement ; il est donc dénué de sens et chercher à l’interpréter relève de la pure fantaisie. Cette hypothèse a même été complétée aujourd’hui : le rêve servirait à entretenir la mémoire. Ces images seraient une conséquence des réorganisations qui ont cours dans le cerveau pendant la nuit. Deux possibilités sont évoquées : soit ils constituent une “compilation” des souvenirs qui vont être archivés, soit au contraire ils représentent ceux qui vont être éliminés. Pour l’instant, ces théories n’ont pas été confirmées par l’expérimentation.

 

La couleur

La couleur est une sensation produite par la lumière ou sa réflexion sur les objets, en d’autres termes la couleur n’est pas une propriété physique liée aux objets qui nous entourent. Tout ce passe au niveau du cerveau qui interprète une sensation de l’œil sous la forme de couleur. Là où il n’y a pas de lumière, il n’y a pas de couleurs.

Les couleurs n’ont pas d’existence par elles-mêmes, il n’y a que des rayonnements d’intensité et de longueurs d’onde différentes.

La sensation de couleur est donc liée à la combinaison des quatre éléments suivants : 
La source lumineuse avec sa distribution spectrale
Le matériau avec ses qualités de réflexion
L’oeil avec son capteur trichromatique
Le cerveau avec son système d’interprétation

 

Le dessin d’enfant

LL’intérêt porté aux dessins des enfants est relativement récent. Pendant longtemps on a pensé que l’activité graphique était une simple distraction. Les premières études concernant les dessins des enfants datent du début du XXème siècle. C’est Luquet, en 1927, qui a le premier fait paraître un petit livre sur les dessins des enfants, il l’a intitulé Le dessin enfantin. Etude qu’il a fait à partir de sa propre fille. Il a observé ses dessins et leur évolution au cours du développement. Florence Goodenough a également fait une étude sur l’évolution du dessin enfantin et en particulier sur l’évolution du dessin du bonhomme. Puis, arrive le développement de la psychologie de l’enfant, l’influence de la psychanalyse et l’apparition des méthodes dîtes actives. Montessori, Decroly, en s’intéressant à l’évolution de l’enfant, ont donné au dessin enfantin une place privilégiée.

Dessiner c’est d’abord agir, faire l’essai d’une manipulation qu’il a vu faire par les autres. C’est lui permettre de s’affirmer, d’être, de provoquer une réaction sur l’entourage et c’est surtout un mode d’expression et de communication majeure pour l’enfant. Souvent, l’enfant peu exprimer par les mains, le dessin, avant de pouvoir le faire par les mots. Il alterne le langage graphique et verbal.

Le dessin d’enfant s’adresse souvent à quelqu’un, le dessin charge d’intentions et d’affects conscients et inconscients. On dit souvent que le dessin est un langage personnalisé. D’ailleurs, plus l’enfant grandit, plus ses dessins sont personnels, mais tout en étant personnels, les dessins vont subir des influences extérieures, par exemple, celle de la mode. Les grandes sections de maternelle correspondent à l’apogée du dessin de l’enfant.

Quand l’enfant dessine, il est content de ce qu’il a dessiné à travers l’attention que va lui apporter l’entourage à son dessin, il va avoir une certaine satisfaction narcissique. Les productions des jeunes enfants sont très proches des unes des autres dans toutes les cultures. Certains auteurs comme Rioux, Widlöcher, pensent que cela est dû à l’influence de la civilisation occidentale dans le monde. D’autres disent que si les dessins se ressemblent c’est qu’il existe une universalité des signes graphiques, langage universel propre à l’humanité toute entière. La connaissance du dessin permet de déchiffrer la production de tous les enfants quelque soit leurs origines, leurs ethnies, leur milieu social.

Tous les dessins d’enfants franchissent les mêmes étapes, les mêmes stades d’acquisition graphique, ils ont tous une évolution graphique identique. Pour le psychologue, le dessin est un outil privilégié de communication et d’observation, son approche est rapidement obtenue, il est riche de sens, son matériel est peu coûteux et il laisse des traces permanentes. On peut consulter les dessins des enfants quand on le souhaite et comparer ces dessins au cours des séances. On va pouvoir utiliser le dessin pour évaluer la maturation psychoaffective de l’enfant et notamment pour évaluer son développement intellectuel, c’est une approche psychométrique. Le dessin est également projection du vécu de l’enfant, il traduit ses préoccupations, son histoire en filigranes. Il évoque en pointillé son avenir, c’est une approche projective.

Son dessin est un autoportrait, on retrouve très souvent dans les dessins la problématique de l’enfant, il va pouvoir traduire ses problèmes familiaux dans son dessin. Le dessin permet de compléter les renseignements des autres techniques projectives (par exemple, le Rorschach, le Patte Noire…). Le dessin est sensible aux modifications psychopathologiques de la personnalité. Quand le dessin est moins perturbé que les autres épreuves, on peut poser un pronostic plus optimiste que dans le cas contraire. Le dessin est utilisé en psychothérapie en complément d’autres jeux. Nouvelles approches du dessin avec le développement de l’audiovisuel dont on se sert pour observer la façon dont l’enfant exécute son dessin. On enregistre ses mimiques, ses commentaires. Philippe Wallon a abordé le dessin grâce aux ordinateurs, il regarde de façon très précise comment l’enfant dessine. Ces personnes pensent que l’ordinateur va apporter une approche quantitative.

 

L’art est un jeu d’enfant

Les adultes se sentent souvent maladroits pour parler d’art aux enfants. A tort. Car la spontanéité et le regard sans préjugés que les plus jeunes posent sur les oeuvres les aident souvent à en deviner l’essentiel.

Amener ses enfants au musée : quel parent n’en a pas rêvé ? Partager avec eux l’émotion d’un chef-d’oeuvre, s’ouvrir à la culture et aux civilisations, voyager dans les rêves d’un autre par tableau interposé… Chacun s’accorde sur le programme. Sauf que, lorsqu’il s’agit de passer aux actes, les adultes se sentent beaucoup moins à l’aise. 

Comment intéresser des enfants, sans les ennuyer ? Comment parler d’art, quand on n’est pas expert ? Autant de questions simples qui tournent vite au casse-tête. Les spécialistes eux-mêmes avouent une part d’échec. «J’ai fait tout ce qu’il ne fallait pas faire. J’ai amené mes enfants tous azimuts dans les musées, découvrant l’exposition avec eux et longuement. Résultat, aujourd’hui ça les barbe plutôt», s’amuse Marie Sellier, auteur de livres d’art pour la jeunesse, dont un récent Mon petit Picasso (RMN éditions). «Moi aussi, j’ai fait cette erreur de traîner mes petits au musée. Ils finissaient par tous se cacher», renchérit Claude Delafosse, l’un des créateurs d’Astrapi et, lui aussi, auteur pour la jeunesse.
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Processus de création et territoires de l’enfance

«Dans chaque enfant, il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant.» Picasso

Poser comme hypothèse que les processus de création sont liés aux territoires de l’enfance, c’est interroger la filiation entre les jeux du patrimoine, transmis oralement au sein des cours de récréation, et les jeux créatifs puis organiser un dialogue entre ces deux univers.

La cour de récréation n’est-elle pas cette même cour de recréation : lieu de «répétition de la création» («recréer», «créer encore, de nouveau»), de retour à un état antérieur à la création («ré-créer»), d’antériorité ou de renforcement de la création ?

S’interroger sur l’articulation des jeux enfantins avec les jeux circassiens ne serait-ce pas s’interroger sur leur aspect primitif ? Prendre la question du cirque à l’état naissant – et constamment renaissant – appréhender sa chair même ; interroger la transformation du désir spontané de jouer de l’enfant au désir élaboré de l’artiste.

Si les processus de création sont liés aux territoires de l’enfance, du jeu ludique au jeu créatif quelles sont les voies empruntées, à travers quelles exigences, pour quelles raisons ? L’intentionnalité du mouvement, soit une non-séparation de la technique d’avec l’artistique est alors promue à la défaveur du cirque bien trop souvent réduit à un savoir-faire, à de la technique, à des prouesses…

La parenté entre les jeux ludiques et les jeux créatifs s’appuient sur 3 axes essentiels :

1_ Trouver sa liberté dans la contrainte ou Traiter des processus de création, de recréation…

«Théâtre pour les enfants, théâtre des enfants. Ce qui se passe dans une salle de répétition est semblable à ce qui se passe dans la cour de récréation.» Antoine Vitez

Si la cour de récréation est une cour de recréation à l’instar d’une salle de ré pétition, l’analogie porte sur les processus qui permettent à l’imagination de se renouveler sans cesse. «Malgré» les mêmes jouets, textes, partenaires (les mêmes corps, joueurs), «malgré» les mêmes règles qu’ils imposent, que l’on s’impose, «malgré» les mêmes structures (la cour, le plateau, la piste, l’aire de jeu), «malgré» ce jeu de contraintes, enfants, artistes jouent toujours «comme si c’était la première fois». NOUVEAUTE !

Nikolaus aime évoquer cette image d’hommes jouant au foot au milieu d’un champ un dimanche matin : «Mais il y a une erreur dans l’image : autour de ce terrain, il n’y a personne. Pas de spectateurs, pas de femmes ou d’enfants… rien. De la brume, un fin crachin, du froid et des champs agricoles. C’est un spectacle étrange. L’urgence absolue du jeu en absence totale d’observateurs qui pourraient justifier cette urgence». Il s’appuie donc sur cette évocation «pour expliquer l’urgence qui doit à tout moment habiter le jeu d’acteur. Il ne s’agit pas de jouer la vie ou la mort… c’est toujours un jeu. Mais il s’agit d’un état d’urgence qui ressemble aux joueurs de foot du dimanche de Châlons et qui essaient dignement de conquérir leur public : les vaches. Le résultat, si on «ferme les yeux», est le même que si l’on jouait la vie et la mort».

2_ Les symboliques collectives ou Traiter les jeux de masques et de vertige que sont les jeux de transmission orale…

« L’homme n’est pleinement Homme que lorsqu’il joueSchiller

Le désir de jouer est universel. Le balancer, la recherche d’équilibre/déséquilibre, le lancer, sauter, autrement dit les jeux de balançoire, marcher sur un muret, le rebord d’un trottoir, faire ricocher des cailloux, jouer aux osselets, bondir sur son lit, jouer à la corde à sauter n’invoquent-ils pas les jouets du cirque que sont par exemple le trapèze, le fil, les balles du jongleur, le trampoline ?

«Dans le répertoire infini des jeux, les jeux du cirque sont par excellence associés à l’enfance et au vertige. Avec les jouets du cirque, l’élève expérimente le processus qui conduit au mouvement et lui confère sa beauté, tout en réalisant ses rêves d’enfant. Quand j’invite un comédien à entrer sur la piste d’un cirque, je souhaite qu’il découvre ce qu’il est, ce qu’il sent, ce qu’il peut. Avec l’air, je veux qu’il apprivoise sa peur et qu’il commence à rêver. Sur le trapèze, par exemple, j’attends qu’il retrouve la sensation de la balançoire, du berceau ». Alexandre del Perugia

3_ L’état de jeu : un savoir-être et non un savoir-faire ou Traiter de la performance en la pensant autrement…

«J’ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant.» Picasso

Si tout enfant se comporte en poète, le poète fait comme l’enfant qui joue. Jouer, c’est d’abord voir le monde autrement, voir dans le monde ce qui ne se voit pas : voir ce qu’il y a d’autre dans le même, inventer un autre là où il n’y a désespérément que du même.

Chacun d’eux crée un monde imaginaire, «transpose les choses du monde où il vit dans un ordre nouveau tout à sa convenance». (Cf. La Création littéraire et le rêve éveillé , in Essais de psychanalyse appliquée, Paris, Gallimard, 1933).

Poète est celui qui dit plus qu’il ne parle, qui voit plus qu’on ne voit quand on ne fait que regarder. Poète est celui qui transfigure la réalité pour avoir cesser de voir un instant les choses telles qu’elles sont (telles qu’elles continuent d’être), pour les voir autrement, leur prêter un sens différent, une valeur nouvelle.

«Pour moi, le vertige est d’abord le plaisir de jouer. Le but du jeu n’est pas la performance mais le, plaisir et la découverte. Comme un enfant découvre et expérimente le monde à travers ses jeux, l’élève modifie la conscience et la vision qu’il a de lui-même et de son environnement à travers le jeu. Dès qu’il prend part à des jeux enfantins, le comédien oublie ses peurs et ses blocages. Il est avec les autres, pris dans une dynamique circulaire, qui s’apparente à l’échange s’effectuant sur scène. En jouant à la marelle ou au chat perché, le comédien renouvelle sa gestuelle et ses stratégies, ce qui modifie sa relation au plateau. Il appréhende autrement sa position dans l’espace scénique et théâtral. Il ne vit plus son corps comme un instrument athlétique mais comme un réservoir de sensations qui le mènent vers l’action

Alexandre del Perugia

Anne-Lise Lisicki


 

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